Pauline Lecerf

Lampadaire Magazine

13 décembre 2021 - 22 janvier 2022

Il semble que trop de lumière pourrait, parfois, être nuisible. Seulement, si le besoin d’obscurité se fait sentir, éteindre une ville, est-ce aussi facile que ça ?

Pauline Lecerf est née en 1993 à Paris. Formée à l’école Offshore de Shanghaï, puis à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) en illustration et dans le groupe « Hors Format », Pauline Lecerf a une pratique pluridisciplinaire (émissions de radio, performances, dessins, design graphique). Elle est particulièrement intéressée par la création de rencontres collectives et par la construction de formes et de situations qui "explorent des relations de tensions". Elle invite le public à prendre part à des actions agrémentées de références à l’Histoire, à la philosophie ou encore à la culture, sous formes d’histoires contées, d’expériences physiques ou sensorielles.

Lampadaire Magazine est née du croisement de plusieurs réflexions et constats de l’artiste. Dans les champs de la philosophie, de la science, de l’écologie, ou encore de l’urbanisme, la lumière est un sujet d’étude. En particulier l’éclairage public, qui a été source d’interrogation et de débats durant les périodes de confinement qu’a connu la France. Ce projet sur l’éclairage public est inspiré des recherches de l’artiste au contact d’astronomes, d'urbanistes, d'insomniaques, de militants de la nuit.

Lampadaire Magazine est à la fois le nom d’une exposition et celui d’une revue. Cette proposition teintée d’humour s’inscrit directement dans la pratique de Pauline Lecerf.

Durant le premier confinement (entre mars et mai 2020), Pauline Lecerf s’est demandé pourquoi laisser les éclairages publics allumés alors que personne n’était autorisé à sortir. Dans plusieurs villes, certains habitants inquiets de l’impact écologique et de la pollution lumineuse, ont eu la même réflexion et ont invité les élus à se positionner sur ces questions. Bien qu’il soit source de débats et de polémiques, l’éclairage public nocturne s’avère nécessaire pour des questions de sécurité, de surveillance, mais également d’anxiété. En effet, la lumière en ville est rassurante, elle donne une impression de sécurité : elle agit comme un effet placebo.

Pour Lampadaire Magazine, Pauline Lecerf a poursuivi ses recherches sur la lumière en ville à l'occasion d'une résidence soutenue par artconnexion en avril 2021. Cette résidence a été l’occasion pour l’artiste de réaliser une enquête documentaire en glanant des articles de presse et des informations autour des questions d’éclairage et d’urbanisme. Grâce à une enquête de terrain, elle a pu étudier les formes et l’esthétique des lampadaires. Enfin, sur le modèle de l’enquête sociologique, elle a interrogé différents interlocuteurs à propos de leur rapport à la rue, à la lumière, à l’éclairage public.

Du 14 au 17 décembre inclus, Pauline Lecerf propose des visites commentées autour des lampadaires de la ville de Lille. Sous la forme d’une initiation à la reconnaissance des formes de lampadaires, elle mêle les prémices historiques de la lumière dans l’espace public aux slogans du principal fournisseur d’électricité français. Symbole de pouvoir, outil de surveillance, synonyme d’intelligence et de connaissance, la lumière est partout, alors même qu’elle est impalpable.

Pour les personnes ne pouvant assister aux visites en présence de l’artiste, il sera possible de faire le parcours à l’aide de l’audioguide prévu à cet effet et du plan distribué à votre passage à artconnexion.