Nathalie Brevet et Hughes Rochette

Le château d'Esquelbecq

2019 – en cours

La commande

Situé entre Lille et Dunkerque, à quelques kilomètres de la frontière belge, le château d’Esquelbecq se reflète dans les eaux qui l’entourent depuis plus de 600 ans.

Ce château de la Renaissance, classé Monument Historique en 1987, est propriété de la famille Morael depuis 1946. Mis hors d’eau en 2018 après plus de 35 ans de fermeture suite à l’effondrement du donjon sur une aile, la restauration des intérieurs se poursuit actuellement.

Les douves demeurent une composante essentielle de l’ensemble architectural mais la préoccupation actuelle concerne le risque de comblement. L’eau joue un rôle particulier autour du château mais aujourd’hui le parcours n’est plus accessible en barque, il n’y a plus suffisamment de fond : les sédiments se sont accumulés, le dessin de la rivière s’estompe, et l’écosystème aquatique se dégrade.

Les commanditaires souhaitent une œuvre en lien avec la présence et les enjeux de l’eau. L’intervention artistique doit contribuer à sensibiliser les visiteurs à la gestion de cette ressource, à sa fragilité comme à son omniprésence sur le territoire. Elle devra également être une invitation à venir découvrir le parc et son domaine.

L'œuvre

L’œuvre propose de partir à la recherche de sources d'eau dans les sous-sols du parc, de provoquer cette rencontre en faisant appel à la technique traditionnelle du sourcier. Nathalie Brevet et Hughes Rochette ont parcouru le domaine du château et détecté des nœuds magnétiques, signes de la présence d'eau. Les endroits recensés réagissant le plus fortement à la baguette du sourcier seront marqués par un élément sculptural.

Ces sculptures seront de petits objets verriers prenant la forme de barres épaisses réalisées à partir de verre fondu et coulé dans un moule ayant la forme d’un « piquet de repérage » tel que l’on utilise pour sonder un terrain. Le refroidissement du verre fige le mouvement de la matière et laisse entrevoir par transparence « un effet de vaguelette ». C’est cet « effet d’eau en mouvement » suspendu dans le temps que les artistes souhaitent saisir.

Les artistes

Nathalie Brevet et Hughes Rochette collaborent depuis 2001. Leur parcours se nourrit de leurs expériences respectives ancrées dans les sciences humaines, les sciences de l’espace, le graphisme tout autant que les arts visuels. La prise en compte du contexte urbain, de l’espace, et de l’échelle des lieux constituent une caractéristique forte de leur travail. À travers des matériaux récurrents comme l’eau et la lumière, ils explorent la question du temps et de la mesure. Cette question se retrouvent aussi dans la dimension frustre d’objets (industriels ou artisanaux) ou d’éléments du vivant qui, par retournement de sens ou de forme, deviennent des sculptures. Leur pratique intègre également l’écriture à l’image des récits de territoire qu’ils présentent sous la forme de lectures/performances. Ils utilisent des voyages et des points de rencontre entre disciplines pour décadrer le regard habituellement porté sur un lieu.