Bertille Bak et Charles-Henry Fertin

Cité 9

2017 - en cours

La commande

Dans le quartier de la Cité 9, un groupe de commanditaires a décidé d’agir pour son quartier dans lequel est implanté le musée du Louvre-Lens.

Ces habitants sont déterminés à avoir un rôle transformateur pour leur quartier qu'ils veulent intégrer dans une circulation possible pour les visiteurs du musée. Ils souhaitent que les visiteurs du musée ne se contentent plus seulement de traverser la Cité 9 en voiture mais qu’ils s’y arrêtent quelques instants.

L’arrivée du Louvre-Lens a été fortement décriée de par sa situation géographique et l’est encore aujourd’hui avec l’arrivée des réserves. Le scepticisme de certains acteurs culturels met en avant le manque d’attractivité culturelle et touristique de la ville de Lens. Pourtant, on ne peut nier qu’elle redynamise le territoire, renouvelle la ville, y insuffle de nouvelles énergies, et permet désormais de pouvoir miser sur le tourisme.

L'œuvre

Le projet contient deux volets et englobe histoire passée et temps présent sur un même territoire. Rapprochement direct ou clin d’œil à la Galerie du Temps du musée du Louvre Lens, unique espace d’exposition permanente qui révèle être une traversée des époques.

La première partie du projet fait référence au passé et au territoire ancien. Au sein du musée du Louvre Lens, une borne avec écran invitera les visiteurs à s’aventurer au delà du parc du musée. Ce moniteur montrera une vidéo où les habitants dessinent sur le sol du musée vers la cité des tracés de galeries enfouies et désormais révélées. Les tracés correspondront aux anciens plans des compagnies minières, les anciennes galeries qui se trouvent 400 m sous leurs pieds.

Après avoir quitté le musée, le visiteur découvrira lors de sa déambulation dans le quartier des boites rectangulaires métalliques sur pieds qui pourront évoquer chez certaines personnes des souvenirs d'enfance : ce sont des distributeurs typiques des fêtes foraines également appelés des "tirettes". Si autrefois y glisser une pièce offrait une surprise, ici une pièce de deux euros offrira une petite maison de coron réalisée à la main.

Les artistes

Bertille Bak s’attache depuis plusieurs années au collectif, qu’il soit uni par un territoire, une situation ou des traditions communes.

Elle réalise des vidéos proches de petites fables qui prennent pour base des connaissances, les savoir-faire et les passe-temps liés aux communautés. Pour tout projet il s’agit d’éveiller le potentiel créatif de chacun et de trouver de nouvelles formes d’expression, des chemins détournés pour se raconter et rendre compte de leur situation.

Charles-Henry Fertin conçoit prioritairement sa pratique sculpturale comme un mode d’intervention in situ au moyen de volumes minimalistes, aussi épurés que massifs, qu’une motorisation souvent dissimulée met en mouvement. Ses projets mettent en rapport des notions pourtant antithétiques et ambigus, il est ici question de son imperceptible, de mouvement immobile, de déséquilibre stable.

Leur pratique artistique commune prend souvent la forme d’installations électromécaniques, la prise en compte de l’espace et du temps de l’exposition en est la base. Les murs d’exposition sont incisés, tamponnés, creusés, sondés ou modifiés pour dévoiler de nouveaux espaces insoupçonnés et procéder à la reconfiguration du lieu. “Robe” leur première machine s’intéressait déjà à l’héritage minier.